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Activités du marché
Valeur des transactions149 928 835 FCFA
Capitalisation Actions4 793 625 761 595 FCFA
Capitalisation Obligations3 328 279 516 200 FCFA
BRVM-10164,79-0,91%
BRVM-C170,44-1,10%

LA BRVM, UNE BOURSE AFRICAINE AU FORT POTENTIEL

Avec environ 10Mds€ de capitalisation boursière cumulée, la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) est aujourd’hui la 7ème plus grande place boursière africaine derrière Johannesburg, Casablanca, Le Caire, Lagos, Nairobi et Accra.

Créée en 1998 et basée à Abidjan, elle regroupe les 44 sociétés cotées des 8 pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo. Si la plus grande capitalisation boursière de cette place est sénégalaise (SONATEL, filiale de France Telecom, qui représente 36% de l’indice), la BRVM est en grande majorité constituée de sociétés ivoiriennes (35 sociétés, 42% de l’indice) qui pour la plupart étaient cotées au début des années 1990 sur la bourse nationale d’Abidjan.

Championne des bourses africaines entre 2012 et 2015 (+119% en Franc CFA ; +117% en €), la BRVM marque le pas depuis 2 ans avec des baisses de 3,9% en 2016 et de 16,9% en 2017. Une baisse expliquée par l’instabilité sécuritaire faisant suite aux mutineries du début d’année 2017 mais aussi et surtout par une campagne agricole décevante accentuée par la baisse du cours du cacao (-46% entre janvier 2016 et décembre 2017) ; une ressource qui certaines années représente près de la moitié des recettes d’exportation.

A cela s’est ajoutée une perte de confiance de milliers d’épargnants locaux ivoiriens qui ont été escroqués par des sociétés d’agrobusiness qui avaient mis en place des systèmes de Ponzi. Du côté des investisseurs étrangers, les craintes sur la stabilité et la pérennité du franc CFA ont été ravivées par plusieurs mouvements de protestations.

Dans le même temps, les indicateurs macroéconomiques de la région restent bons, à l’instar de la Côte d’Ivoire qui affiche depuis 2011 un taux de croissance supérieur à 6%, avec des pics atteints en 2016 et 2017 à +8,2% et +7,6%. Le tout avec une inflation contenue à +0,7%, un déficit budgétaire de 4,3% et une dette publique de 42,6%.

Dans ce contexte, la performance des entreprises de la région a été globalement bonne. Au titre de l’exercice 2017, le résultat net moyen pondéré des sociétés de la BRVM est en hausse de 5%. Dans le cas d’AFRICA PICKING FUND, plusieurs sociétés ont publié des résultats supérieurs à cette moyenne. C’est le cas d’ONATEL (+18%), de VIVO ENERGY (+14%) ou encore de BOA COTE D’IVOIRE (+7%). Trois sociétés que nous avons rencontrées lors de la conférence HUDSON organisée à Abidjan début mai et qui partagent un enthousiasme certain quant aux perspectives de croissance de leurs résultats sur le court/moyen terme.

Au-delà des indicateurs évoqués ci-dessus, plusieurs autres éléments confortent notre vision sur le potentiel à long terme de la BRVM. D’une part, le ratio capitalisation boursière rapportée au PIB nominal de l’UEMOA n’est que de 10% et ressort parmi les plus faibles d’Afrique. Très loin des niveaux du Maroc ou de l’Afrique du Sud (respectivement 60% et 160%).

D’autre part, la performance de la BRVM sur longue période est très en retard par rapport à celle des autres grandes bourses africaines. Ainsi, entre le 1er janvier 1999 et le 25 mai 2018, la BRVM affiche une performance de +124% (+121% en €) contre respectivement +2409% (+380% en €) et +1032% (+440% en €) pour les bourses égyptienne et sud-africaine.

Aussi et surtout, les multiples de valorisation de la BRVM sont aujourd’hui à des niveaux historiquement bas. En effet, le ratio cours sur bénéfices 2018 ressort à 12x et le rendement boursier à 5,6% faisant de la BRVM l’une des bourses les moins chères d’Afrique. Dans les secteurs de la banque ou des télécommunications, plusieurs sociétés affichent des multiples de valorisation historiquement bas.

Enfin, il est intéressant de noter que les performances de la BRVM ont historiquement été fortement corrélées au prix du cacao. Depuis 2011, chaque fois que le prix du cacao était en hausse (c’était le cas entre 2012 et 2015), la BRVM terminait l’année avec une performance positive. Au 25 mai 2018, le cours du cacao a rebondi de 40% alors que la BRVM abandonne encore 9% depuis le début de l’année.

Les investisseurs auront-ils l’occasion de corriger cette incohérence au cours des sept prochains mois ?

Voilà en tout cas un argument de poids qui milite pour redécouvrir à court terme les charmes de ce marché qui représente environ 15% de l’actif investi d’AFRICA PICKING FUND.