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Flop 5CoursVariation
Activités du marché
Valeur des transactions149 928 835 FCFA
Capitalisation Actions4 793 625 761 595 FCFA
Capitalisation Obligations3 328 279 516 200 FCFA
BRVM-10164,79-0,91%
BRVM-C170,44-1,10%

L'Afrique n'échappe pas à la correction boursière

L'indice MCSI Emerging Markets plonge de 18 % en 2018 dans un contexte difficile pour les actifs risqués. Les Bourses africaines sont aussi en difficulté.

Les marchés émergents sont bien partis pour subir leur  pire performance depuis 2011 . Au moins. L'indice MSCI EM perd en effet 18 % depuis le début de l'année et même 25,5 % depuis son pic du 26 janvier. La correction, sévère a touché la plupart des places africaines. La Bourse du Kenya perd ainsi près de 25 % depuis le début de l'année, celle du Nigeria près de 15 %, alors que les Bourses de Johannesburg et du Caire perdent autour de 14 % et le Maroc un peu plus de 10 %. Seule la Tunisie (+16 %) et le Ghana (+9,26 %) s'en tirent avec les honneurs. L'indice des marchés frontières, dans lequel évolue une bonne partie des places de la région, perd lui aussi 17,7 %.

En Afrique de l'Ouest, la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), place boursière panafricaine (Sénégal, Côte d'Ivoire, Burkina Faso, Bénin, Togo...) chute de près de 27 % depuis le début de l'année, après déjà une chute de 17 % en 2017. Une période difficile qui intervient après des années fastes : un bond de plus de 118 % entre 2012 et 2015. « La BRVM est entrée dans un cycle baissier, c'est vrai, alors que les investisseurs sont dans une logique de prises de bénéfice », reconnaît Edoh Kossi Amenounvé, son directeur général. La BRVM fait aussi une crise de croissance. Elle paye d'une certaine façon les « bouleversements de ces dernières années », avec l'émergence de nouveaux acteurs, des entrées en bourse de nouvelles sociétés, mais aussi de plusieurs opérations d'augmentation de capital. « Ils sont en train d'être digérés ».

Hausse du dollar
Les causes ayant entraîné la chute des Bourses du continent sont similaires à celles qui perturbent l'ensemble des pays émergents : hausse des taux américains et hausse du dollar qui favorisent la fuite des capitaux vers les actifs moins risqués. La volatilité actuelle sur les marchés boursiers, qui favorise l'aversion au risque a aussi pesé sur les indices. Pour l'IIF, le Bahrain, le Pakistan, la Zambie, le Ghana et la Tunisie sont les pays frontières jugés les plus vulnérables dans ce contexte.
 
Par ailleurs, la baisse du prix des minerais et les craintes sur les importations chinoises ont pesé sur les bourses de la région, même si la hausse du prix du brut a pu dans le même temps soutenir un pays comme le Nigéria. Enfin la volatilité actuelle sur les marchés boursiers, qui favorise l'aversion au risque a aussi pesé sur les indices. Mais pour Edoh Kossi Amenounvé, la performance de la BRVM ne « reflète pas forcément la bonne tenue de l'économie » des pays de l'UMOA (Union monétaire Ouest africaine), dont la croissance est estimée à 6,8 % en 2018. La Côte d'Ivoire, par exemple qui abrite 35 des 45 sociétés de la cote, devrait connaître une croissance de 7,8 % cette année.
 
Meilleure visibilité
Conséquence, le ratio de capitalisation des bénéfices a fortement reculé, liée notamment à la baisse de la Bourse. « Le PER (price earning ratio) était de 23 fois en 2015 et de 17 en 2017, et il est aujourd'hui tombé à 11 », un niveau comparable à celui de l'indice MSCI Frontier Market. « C'est un marché qui redevient attractif pour les investisseurs. Cela devrait encourager la reprise de la bourse », poursuit le responsable. L'entrée récente de la BRVM dans l'indice Frontier Market de MSCI pourrait d'ailleurs favoriser le réveil de ce marché. « Il nous a aussi permis d'améliorer notre présence auprès d'un diffuseur d'information comme Bloomberg - avec l'affichage des cours - et très prochainement auprès de Reuters. Cela nous donne une dimension internationale indispensable au développement du marché ».