Top 5CoursVariation
Flop 5CoursVariation
Activités du marché
Valeur des transactions149 928 835 FCFA
Capitalisation Actions4 793 625 761 595 FCFA
Capitalisation Obligations3 328 279 516 200 FCFA
BRVM-10164,79-0,91%
BRVM-C170,44-1,10%

Les ambitions contrariées des Bourses de l'Afrique de l'Ouest

La BRVM, basée à Abidjan, poursuit sa stratégie de développement pour attirer les investisseurs. Cela passe notamment par l'ouverture de la cote aux PME. Mais l'environnement financier leur complique la tâche.

'est une période compliquée pour la place boursière émergente d'Afrique de l'Ouest. Dans un  contexte de montée de l'aversion des investisseurs pour le risque , la BRVM, Bourse régionale des valeurs mobilières, continue tout de même de s'activer pour attirer les investisseurs, mais aussi les émetteurs. Avec plus ou moins de réussite. « Les volumes d'activité ont progressé, avec une croissance très importante. On est passé de 114 millions de titres échangés en 2015 à 194 millions en 2016 puis à 217 millions en 2017. La liquidité du marché s'est améliorée », se félicite Edoh Kossi Amenounvé, le directeur général de la BRVM.

 
Basée à Abidjan, la Bourse panafricaine, créée fin 1996, accueille 45 sociétés originaires de huit pays d'Afrique de l'Ouest, principalement de Côte d'Ivoire et du Sénégal. Si la cote est encore marquée par l'histoire de la région, avec la présence de filiales de Total, de Bolloré, d'Air Liquide ou de Nestlé, la stratégie de l'institution vise notamment à attirer de nouvelles sociétés. Une dizaine d'IPO a eu lieu ces dernières années. « Ce qui est une bonne nouvelle pour l'attractivité de ce marché. »
 
Le groupe bancaire Oragroup s'apprête d'ailleurs à s'introduire en Bourse. Il va lever, courant novembre, 86 millions d'euros (56,92 milliards de francs CFA), soit la plus grosse IPO depuis la création de cette Bourse, pour une première cotation en février prochain. La banque est présente dans 12 pays africains, où elle compte 430.000 clients et emploie 1.800 personnes.
« On voit que les entreprises locales s'y intéressent, notamment le secteur bancaire avec récemment les introductions de NSIA, de Coris Bank International du Burkina Faso ou d'Ecobank Côte d'Ivoire. Notre plus gros défi est d'attirer maintenant des entreprises qui opèrent dans le transport, l'industrie ou l'agroalimentaire. Ce n'est pas simple car ces entreprises connaissent un développement récent et ont sans doute besoin d'un peu plus de temps pour changer de taille et se préparer à solliciter le marché », selon Edoh Kossi Amenounvé.
 
Main dans la main avec le « private equity »
Pour ce faire, la BRVM a récemment signé une convention avec le fond de « private equity » Enko Capital pour mettre en place un fonds d'IPO de 75 millions de dollars, en direction des PME. « Nous démarchons, nous allons voir les entreprises d'une certaine taille, mais nous voulons surtout nous appuyer sur les fonds de 'private equity', qui sont le canal privilégié pour amener les entreprises à l'épreuve de la Bourse. Ils opèrent la transition entre le financement bancaire et le financement par le marché. Ces fonds poussent les entreprises à améliorer leur gestion, la gouvernance, à avoir une stratégie de développement à long terme. Autant d'ingrédients qui sont importants pour les marchés de capitaux. »
 
Cette campagne pourrait permettre d'intensifier le marché des IPO, actuellement de deux opérations par an, à partir de 2020-2022, beaucoup « de fonds de 'private equity' étant entrée dans des entreprises locales depuis 2015 ».
 
En revanche, la coopération avec les autres places africaines avance à petits pas. Il y a deux ans, l'association des Bourses africaines (Asea) avait signé un protocole d'accord avec la Banque africaine de développement pour favoriser l'expansion des infrastructures et les liens entre les différentes Bourses pour faciliter l'accès des investisseurs internationaux. « Cela n'avance pas aussi vite qu'on le voudrait. Pas pour des raisons technologiques, mais en raison de réglementations très différentes en matière d'accès des courtiers étrangers, sous forme d'accès sponsorisé ou d'accès direct. » Autre problème, le dénouement des transactions, pour que les vendeurs soient payés... « Avec le système actuel, cela fonctionne, mais l'idéal serait d'arriver à une plate-forme commune de compensation, de règlement livraison qui faciliterait ce projet. »
 
Sources : LesEchos.fr